87642134_oCritiquer les autres n'avance à rien. En revanche, relever des dysfonctionnements, y compris chez les autres, c'est allumer la lumière, faire confiance à l'intelligence et à l'humilité, aider à la prise de conscience, tabler sur l'éveil, parier sur l'évolution.

Alors bien sûr, quelqu'un chez qui on relève des dysfonctionnements ou des incohérences se sent souvent critiqué. C'est possible. Mais ce n'est pas certain qu'il le soit.
Il suffit de lui expliquer qu'au contraire on le respecte en lui tendant la perche ascenseur vers une évolution et vers une meilleure estime de lui-même, puisqu'il n'aura pas, en réajustant le tir, à se retrouver face à une erreur ou une culpabilité.
Trop facile.
Car celui qui se sent critiqué fait souvent un blocage. Il se sent critiqué, donc il l'est. Et ça ne se discute plus. Il est passé en mode émotionnel et a donné raison à son ressenti. Quand la solution consiste à raisonner et à comprendre en prenant du recul.
Il faudra souvent attendre un autre moment pour pouvoir démontrer la chose. Par exemple en expliquant la différence entre la personne et ses comportements. Cette notion reste un mystère pour beaucoup. Pour d'autres, elle est tellement évidente qu'ils ne comprennent pas qu'on ne comprenne pas. Il convient donc de répéter, répéter et répéter avec beaucoup de patience. Car dans l'esprit des premiers, s'ils ont un comportement défaillant ils sont coupables de l'avoir eu, ils sont donc condamnables. La vérité est qu'un comportement inopportun est une erreur et une erreur ça se corrige, ça s'intègre, ça aide à ne plus la répéter. Les individus intrinsèquement mauvais ou méchants sont rarissimes. Aussi gardons-nous de toucher à l'Être de l'Autre, à son intégrité. Relevons, avec diplomatie si possible, les contradictions, les double langages et les tricheries mais n'humilions jamais personne. Renvoyons à la responsabilité et pas la culpabilité.
Nous ne serons pas pour autant à l'abri d'être accusés de culpabiliser. C'est une façon pour l'Autre de se décharger en reportant le problème. Un déni salvateur. Temporairement. Qu'importe ! Restons éthiques. L'important est de faire ce que l'on doit, pas d'avoir bonne presse.

Il existe bien entendu des attitudes que l'on peut intégrer pour éviter de se retrouver dans des situations délicates ou à la merci d'un thermomètre relevant notre fièvre et qu'on accusera de l'avoir créée.
Rester éveillé et sévère avec soi-même n'empêche pas les erreurs mais permet d'en éviter beaucoup. Il sera aisé d'en avouer quelques-unes et d'avancer grâce à l'estime acquise. De la rigueur face à soi et de l'indulgence pour les autres et nous aurons plus de chances d'évoluer positivement.
Ajoutons une seconde attitude, la reine des attitudes et nous pourrons redresser la colonne longtemps. Elle s'appelle Humilité. L'humilité de se lever vierge tous les matins, de tout avoir à apprendre, d'écouter les autres, de se remettre en question, de ne critiquer que soi, de prendre comme un cadeau toute remarque concernant nos comportements, de pratiquer l'introspection en permanence et d'être à l'affût de tout changement possible, de dynamiser sa vie en rebondissant sur tout.

Pour monter au ciel de la vie, soyons champagne. Pétillons ! En couleurs si possible.