L'idée de l'homme parfait, complet, achevé, en a fasciné, et en fascine, plus d'un. J'en suis. 

Quel beau projet de cheminer vers la perfection, l'idéal et le sommet des sommets ! La connaissance absolue, la sérénité définitive et l'efficacité sans limites, tout le monde en rêverait s'il suffisait d'appuyer sur un bouton. Alors, les plus courageux se mettent en marche se souciant plus de la ligne de mire que de la ligne d'arrivée. A chaque remontée d'une vallée, l'horizon s'éclaircit et la sagesse ouvre les épaules. De vallée en vallée, ils engrangent. Les sédiments construisent du structurel et toujours un pas suivra le précédent et en appellera un autre. Ils vont, donc ils sont. Les autres adoptent la stratégie du "A quoi bon ?" et attendent, donc subissent.

Tous veulent être heureux. Seuls les premiers peuvent y parvenir. Ils savent que leur activité principale et permanente relève de la construction de soi. La valeur d'exemple ou l'irradiation involontaire feront peut-être des émules. Peut-être. Ponctuellement, ils tenteront de convaincre en relevant du sens, en sifflotant un air, en écrivant un bouquin, mais pas plus. La construction de soi ? Vaste programme. Et aucun manuel complet. Ce n'est pas une raison pour ne pas s'appuyer sur quelques tentatives lumineuses :

Robert Misrahi dans "Le Bonheur - Essai sur la joie" nous parle d'Homme accompli et  Abraham Maslow dans "Vers une psychologie de l'être" et "Être humain",  d'Homme unifié. Et c'est la même idée. Celle d'un niveau de Développement de soi qui permet une vision plus nette et assez limpide de la vie. La connaissance, la maturité, le détachement, la conscience, et autre authenticité savent, à ce moment-là, trier et hiérarchiser avec un risque d'erreur très limité. Et contrairement à tous les discours communs qui voudraient mettre l'à-peu-près et la relativité partout, l'Homme accompli s'en tiendra à ajuster à la marge, il aura un socle qui ne sera pas qu'une base, qui sera l'essentiel, une structure indéboulonnable où le vernis qu'il tienne ou pas ne jouera aucun rôle. Le commun des mortels, par paresse, finira par le traiter de prétentieux. L'Homme s'en fiche. Il est ailleurs. Définitivement.